Le roman "Wor(l)d, enter, escape" Psychanalyse d'un conte de fées européen

Je commençai ce roman à l'automne1990, non, en fait je commençai ce roman bien plus longtemps avant, à l'âge de 17 ans. Je ne fis que reprendre ce premier roman où je l'avais laissé, doutant de ma légitimité à devenir écrivain dans ma prime jeunesse. Alors seulement encore âgée de 25 ans, les circonstances de la vie, la mienne, me firent reprendre le chemin de l'écriture, sans pour autant avoir acquis plus de certitude sur ma légitimité littéraire. J'inclus les quelques pages de ce manuscrit non abouti de prime jeunesse, au nouveau. 
25 ans, c'était alors pour beaucoup de mes amis, l'âge auquel ils commençaient leur vie après leurs études supérieures, pour ma part, c'était un âge, auquel j'étais déjà maman, avait été mariée 5 ans, avais divorcé, me retrouvais seule séparée de mon fils, et me voyais contrainte de faire face à un chapitre dramatique de ma vie. Tourner la page, non, car avant cela il fallait consigner, raconter, pour donner à voir, donner à lire ce que d'aucuns ne veulent pas voir, ne veulent pas entendre, et même parfois ne veulent pas lire. 
L'Autobiographie est un genre à part entière, ce n'est pas le déballage d'une vie donnée en pâture sur un blog, ce n'est pas une thérapie de bas étage, ce n'est pas du Feel Good de Desperate Housewives, que l'on écrit ou lit comme on se passerait sa nouvelle crème hydratante chaque matin, promènerait son chien, amènerait son enfant à l'école, boirait un thé ou un café avec des copines, comme on essaierait une nouvelle recette de cuisine, un nouveau sex-toy, non, l'autobiographie est un genre qui demande un travail assidu, des années de travail, des heures de relecture qui aboutissent à ce qu'il semble être un style simple, sans prétention, quand on a ciselé chaque phrase, changé chaque mot cent fois, revu et corrigé la ponctuation, la syntaxe, les chapitres, c'est faire un plan, c'est penser chaque titre de chapitre, c'est...écrire, c'est faire acte d'écriture, c'est aimer écrire, aimer les mots, les signifiés et les signifiants, c'est avoir un souci aigu de la psychologie, c'est décrire aussi bien les paysages intérieurs que les paysages extérieurs. 

Dix ans, passèrent, oui dix ans, au moins. Je repris ce manuscrit 4 fois puis me décidai à l'envoyer à des éditeurs classiques. A cette époque, ce roman portait le titre suivant : Les fées naissent dans les huîtres, les démons dans les bretzels. J'aimais beaucoup ce titre, mais décidai de le modifier, parce que sans doute beaucoup de choses s'étaient aussi modifiées dans ma vie, dans mon style d'écriture. Deux maisons d'édition firent remonter mon manuscrit jusqu'à leur comité de lecture final dont Le Dilettante, qui me renvoya un courrier rédigé de la main de la Directrice littéraire, qui m'informait que le manuscrit n'avait finalement pas fait l'unanimité, mais qu'il avait néanmoins suscité la curiosité, et elle avait pris le soin de rédiger une note critique afin de m'aider à l'améliorer. Cette marque d'intérêt n'entretint pas longtemps en moi l'illusion. Je fus bien sûr cruellement déçue et blessée comme on peut l'être quand on envoie un manuscrit et qu'il est refusé. Je décidai quelque temps plus tard de renoncer à ma quête de légitimité, de reconnaissance par mes pairs. 


Et puis, quelques années plus tard, en 2016, je ressortis mon manuscrit, ou plutôt j'ouvris à nouveau mon fichier, et décidai de me remettre à mon métier à tisser. J'y passai 6 mois, au rythme de 4 heures par jour, je retravaillai le plan, les titres, tout, et tentai de trouver un nouvel effet littéraire, de traiter l'autobiographie autrement en m'éloignant d'un vulgaire pathos, pour finalement lui donner une dimension fantastique psychanalytique. 
Entre temps, l'auto-édition était apparue, aussi, décidai-je de ne pas l'envoyer à des éditeurs classiques, mais de l'éditer en format e-book, et papier par le biais de la Maison d'auto-édition Librinova.
Je serai honnête. Je ne rencontrai pas de succès, seulement 50 ventes. 

Ce ne fut pas une thérapie, ce n'est toujours pas à mes yeux un déballage de ma vie, et c'est tout sauf un roman qui vous fait vous sentir bien, c'est une oeuvre littéraire, c'est tout, et c'est beaucoup à la fois.
Est-ce que je cherche encore une légitimité ? Une reconnaissance ? Ce serait mentir que de prétendre le contraire. Mais je n'ai pas envie de nourrir une quelconque amertume, ni frustration puisque j'écris, comme d'autres vont courir, moi, mes exploits sont plus discrets, et ne regardent presque que moi. Tout cela est un voyage intérieur, le marathon d'une vie d'écrivain. 
Laisser une trace autre que celle laissée dans notre Inconscient, laisser des traces à la surface quand la plupart d'entre nous refoulent leurs angoisses, et les enfouissent comme autant de secrets indicibles, dans une terre infertile et empoisonnée, et les confient à un tiers entre quatre murs, ou à la biologie de molécules avilissantes et anesthésiantes. Je ne juge pas, seulement, je constate que les frustrations des Autres, engendrent souvent un manque de respect ou au mieux une condescendance à laquelle je renverrai mon indifférence comme tout signal d'intérêt à l'égard de leur triste ignorance.
Communiqué de presse de Librinova, maison d'auto-édition en ligne.

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